Reculez d’un mètre et vous ressentirez toujours son énergie : l’acacia dégage une aura de puissance brute, peut-être plus que tout autre arbre du Sud-Est asiatique. Chaque pièce d’acacia est une boule d’énergie latente, à l’image de la force que renferme le cuissot d’un cheval. Même le fil de son bois s’élance, sinueux comme une vague, telle l’ondulation des muscles d’un animal en plein élan.

L’acacia n’est pas un animal féroce, mais plutôt un fidèle destrier, lent, bien cadencé et humble dans sa majesté. Il s’agit d’un bois massif et incroyablement solide sous lequel les lames des scies se cassent d’un coup sec. L’acacia nous rappelle une bête qui n’est pas consciente de sa propre force.

Des teintes de cuivre, de blond et de brun serpentent paresseusement le bois, conférant à l’acacia une douce fluidité. Cela fait penser au léger trot d’un cheval de course entre deux épreuves éliminatoires. Il y a aussi de la brillance dans le sillon du grain : la lumière scintille selon l’angle, comme le nacre. Le brun rougeâtre incandescent d’une pièce d’acacia ravive dans notre mémoire l’image du caramel; visualisez son tracé onctueux nappant le dos d’une cuillère.

En Asie, ceux qui travaillent en construction connaissent bien les vertus de l’acacia, soit sa résistance et sa robustesse. Il est assez fort pour qu’on le vante comme bois pour le plancher ou matériau de construction. Pratiquement parlant, il est rassurant de savoir que les meubles en acacia sont reconnus pour leur grande tolérance à l’humidité et aux insectes nuisibles. Aussi, grâce à la dureté de leur bois, ils n’ont pas tendance à craquer. C’est ce qui explique leur longévité étonnante – un meuble en acacia peut facilement survivre à son propriétaire et se convertir en trésor familial.

Il est si facile de se laisser séduire par l’aspect pratico-pratique du bois d’acacia qu’on risque de négliger ses particularités et sa beauté. Dans le monde vinicole, l’acacia se comparerait à un raisin dont l’extrême simplicité, le caractère champêtre et le fort arôme pousseraient certains buveurs à l’écarter d’emblée. Mentionnons le Zinfandel/Primitivo, le Monastrell d’Espagne ou encore le Baco Noir d’Amérique du Nord, des cépages puissants et simples, certes, mais dévoilant une grande subtilité et complexité lorsque cultivés par des connaisseurs. Le raisin qui ressemble le plus à l’acacia est assurément le Barbera d’Italie. Ce dernier se transforme en vin au corps léger, alors que l’acacia est lourd, mais tous deux ont la particularité de se montrer plutôt simples. Aussi, lorsque travaillés par des artisans dûment outillés, ils ont la capacité de se métamorphoser en de vrais chefs-d’œuvre. Dans le cas du Barbera, il s’agit de faire preuve de jugement et de patience quand vient le temps de choisir la terre et de vieillir le vin. C’est ce qui a d’ailleurs permis à ce cépage de refaire peau neuve et de gagner en popularité au cours des deux dernières décennies.

Similairement, Artemano a aussi profité des avancées techniques pour élargir son éventail de finis spécialement conçus pour l’acacia, créant ainsi des pièces d’une grande harmonie.

L’acacia répond particulièrement bien à la technique du décapage – un savoir-faire qui expose le grain du bois, ouvre ses pores et lui confère davantage de richesse. Aussi, Artemano utilise un processus à plusieurs étapes qui donne un aspect vieilli à son mobilier. Paradoxalement, son mobilier demeure sobre et moderne, malgré cet « effet antique ». Il est aussi polyvalent, s’agençant à toutes sortes d’intérieurs, des plus traditionnels aux plus contemporains (placé contre de la brique ou du béton, l’acacia tranche drastiquement mais joliment).

Prenez le temps d’apprécier une pièce en bois d’acacia. Examinez-la sous tous ses angles. Regardez comment la lumière change d’un côté à un autre. Remarquez comment les lignes épurées du mobilier rendent une pièce chaleureuse. Voyez comment les mouchetures et les lignes gris-noir à la surface du bois ressemblent à de l’art préhistorique, telles des marques de charbon sur le mur d’une grotte. Certaines de ces marques sont naturelles, alors que d’autres sont le résultat du processus de finition. Peu importe, elles se superposent au motif du bois, lui conférant caractère et maturité. Chaque pièce à sa propre personnalité, son propre motif que nous finirons par connaître par cœur, et qui feront partie intégrante de notre maison et de notre quotidien, comme un compagnon de vie.