« C’était écrit dans le ciel », m’a répondu Eyal Shoam lorsque je lui ai demandé comment avait débuté  son histoire avec Artemano. Nous sommes assis dans son bureau à parler et à siroter un thé chaud qu’il a  gentiment préparé – l’antidote parfait au froid mordant en ce matin de février. J’apprécie la générosité de ce geste tout simple.

Quelques semaines plus tôt, quand j’ai rencontré Eyal pour la première fois, je l’ai trouvé timide. Toutefois, après avoir passé une matinée complète avec lui, j’ai changé d’avis. S’il peut sembler discret et même réservé au premier abord, les réponses aux questions que je lui lance en rafale ne sont ni trop brèves ni trop restreintes. Au contraire, il répond avec générosité. C’est un tout autre homme que j’ai devant moi : un homme animé et bavard, heureux de partager son histoire. Il réussit à titiller ma curiosité et j’ai  vite été captivée par ses propos.

Avant Artemano, Eyal menait une vie riche et bien remplie. Il accumulait les expériences dans le milieu des affaires et de la gestion. Voilà un homme qui, après avoir complété son service militaire et voyagé pendant huit mois en Inde et en Indonésie, a financé ses études (il possède un diplôme en architecture de paysage) en gérant 21 bars laitiers haut de gamme pour le compte d’une grande entreprise israélienne. Il est un entrepreneur dans l’âme qui a lancé et exploité ses propres cafés, un homme qui avait une centaine d’employés sous sa responsabilité dans un grand magasin en Israël et a assuré la direction d’un centre de villégiature sur les rives de la mer Morte. Comme le dit Eyal : « Tout ce que j’avais fait jusque là allait me préparer à cette nouvelle étape de ma vie qui allait débuter. »

Impossible de ne pas croire que les astres se sont alignés pour que les chemins d’Eyal et de Shimon se croisent. Eyal venait de déménager au Canada avec son épouse et sa fille de trois ans; il s’apprêtait à se lancer dans une nouvelle entreprise commerciale – l’ouverture d’une boutique de décoration franchisée dont la maison mère était en Israël. C’est alors qu’il a rencontré Shimon lors d’un dîner chez une connaissance commune. « Le reste, comme le dit Eyal, appartient à l’histoire. »

Artemano offrait à Eyal, passionné d’esthétique et de  beauté, de parfaire ses habiletés en conceptualisation et de s’initier au métier de designer – qu’il réussit avec  succès, d’ailleurs. Lorsque je lui demande quel rôle il joue dans la création des collections d’Artemano, il répond humblement : « On est entourés de plusieurs designers talentueux, intelligents et reconnus. » Eyal est peut-être modeste, mais il est néanmoins responsable de la création de nouveaux produits, tâche pour laquelle il met volontiers la main à la pâte. Il tient à visiter lui-même les manufactures en Thaïlande et en Indonésie où il n’hésite pas à s’asseoir avec les menuisiers pour mesurer l’épaisseur d’une tablette, ou s’assurer que les charnières d’une porte fonctionneront correctement.

Lorsqu’il voit le fruit de son travail, Eyal éprouve une grande fierté et se sent comblé. « Il n’y a pas plus grande satisfaction que de savoir qu’on a réellement touché un être humain sans même que cette personne ne le sache, dit-il. Mais cette personne ramène chez elle une pièce de mobilier avec laquelle j’ai eu un lien intime, depuis le moment où je l’ai imaginée dans mon esprit jusqu’au jour où elle a quitté la boutique. » Voilà l’une des plus grandes motivations d’Eyal, une des raisons qui le poussent à continuer. Et ce n’est pas la seule…

Restez à l’affût pour découvrir le deuxième volet de l’histoire d’Eyal.