Il prend sa retraite du hockey La nouvelle carrière de Mathieu Dandenault C’est à La Semaine que Mathieu Dandenault a décidé de se confier, afin de dévoiler non pas une, mais deux primeurs. Après 13 saisons dans la Ligue nationale et trois conquêtes de la coupe Stanley, l’heure de la retraite a sonne pour l’athlète originaire de Sherbrooke. La Semaine : Pourquoi se retrouve-t-on à la boutique de meubles exotiques Artemano ? Mathieu Dandenault : Ma conjointe, Marie-Christine Lavoie, en est la porte-parole. Elle occupe le poste de designer D’intérieur depuis huit ans et elle est tombée en amour avec la boutique. Dans le cadre d’émissions de télévision, les cameras se sont retrouvées à a cet endroit à quelques occasions, et la boutique a obtenu des recettes records. Les propriétaires ont toujours été reconnaissants envers Marie-Christine. Nous travaillons sur des projets communs en ce qui a trait à la création. LS : Comptez-vous vous lancer en affaires ? M.D : Oui. Nous partons en octobre pour une période d’un mois en Inde et Indonésie, pour un voyage d’affaires et de plaisir. Dans les mois à venir, Marie-Christine mettra sur le marché sa collection, qui se vendra par Internet. LS : Caressez-vous ce projet commun depuis longtemps ? M.D : Ça n’a pas toujours été évident pour elle, car je jouais au hockey. Elle n’a pas pu accepter tous les contrats qu’on lui a proposés, à cause de ma carrière. Les femmes de joueurs de hockey s’imposent beaucoup de sacrifices en raison de notre travail. C’est maintenant à mon tour! (Rires) Désormais, je prends le siège arrière et je l’encourage. Je vais participer à tout parce que ca m’intéresse. LS : En quoi consistera cette participation ? M.D : Nous partageons les mêmes gouts, mais c’est Marie-Christine qui a un don pour la création. De mon cote, je m’occuperai de l’aspect business. Ce qui est important, c’est que nous puissions l’aider à produire ses idées. LS : Ce sera une première expérience de travail en couple. Cela vous effraie-t-il ? M.D : Non, pas pour l’instant. L’été passé – lors de l’émission de Jacques Villeneuve – je travaillais pour Marie-Christine. Comme elle était animatrice, il y avait beaucoup de détails que je devais régler. Je crois que nous allons bien nous compléter. LS : Quelle est la plus grande qualité de créatrice de Marie-Christine ? M.D : Elle a une excellente vision quand au produit final; elle est capable de prévoir le résultat. LS : Les ventes se feront donc uniquement sur Internet… M.D : Nous commencerons par là. Les produits seront aussi offerts dans les boutiques Artemano. LS : C’est un très beau projet… Mais le hockey dans tout ça ? M.D : Je prends ma retraite du hockey. LS : Avez-vous un pincement au cœur ? M.D : Il y a six mois que je ne m’entraîne plus. L’an dernier, quand les Rangers m’ont contacté, j’étais confiant de pouvoir revenir dans la Ligue nationale. Tout allait bien, mais je me suis blessé à l’aine. Ça a été difficile à accepter, mais j’étais peut-être rendu à l’heure de la retraite. LS : Vivez-vous bien avec votre décision ? M.D : Oui. Je suis en train de tourner la page. J’ai déjà participé à mon premier tournoi de golf des anciens Canadiens ! C’est une très belle opportunité pour moi de continuer dans le hockey en jouant avec les anciens. LS : Que retenez-vous de vos 13 saisons dans la LNH ? M.D : Je n’oublierai jamais mon année en tant que recrue à Détroit. C’était spécial d’être à cet endroit, d’avoir atteint mon but. Il y a eu les trois conquêtes de la coupe Stanley, le championnat du monde… Finalement, j’ai réalisé mon rêve en jouant pour le Canadien. Je suis vraiment comblé; je suis fier de ce que j’ai fait. LS : Est-il difficile pour un Québécois de jouer à Montréal ? M.D : Oui, surtout pour les joueurs-vedettes, de qui on attend beaucoup. LS : Avez-vous trouvé votre expérience difficile ? M.D : J’ai adoré ça. Je ne sais pas si j’ai su plaire à tout le monde, mais beaucoup de gens m’ont approché lors de mon passage avec le Canadien. Ils m’ont félicité et m’ont dit avoir apprécié autant mon rendement que ma contribution à l’équipe. LS : Feriez-vous les choses différemment ? M.D : J’ai vécu des moments difficiles avec Guy Carbonneau. (Il sourit.) On ne s’entendait pas sur un point : je voulais jouer, mais il ne voulait pas me faire jouer. C’est ce que j’ai trouvé dur. LS : Comment les membres de votre famille réagissaient-ils dans ces moments difficiles ? M.D : Ils m’ont soutenu énormément. Même ma fille Amélia se rendait compte que ça n’allait pas bien. Quand j’étais blessé, elle m’apportait de la glace et me parlait de ma jambe qui n’allait pas bien. Ce sont dans ces moments-là qu’on se rend compte qu’il y a autre chose que le hockey dans la vie. On a besoin du soutien de sa famille en tant que joueur. Ça aide à surmonter les épreuves. LS : Quand avez-vous joué votre premier match dans la LNH ? M.D : En novembre 1995, face aux Oilers d’Edmonton. LS : En tant que défenseur, quels étaient les joueurs les plus difficiles à contenir ? M.D : Certainement Mario Lemieux et Wayne Gretzky. Mario Lemieux, c’était mon idole; c’était spécial de jouer contre lui. A une époque plus récente, je répondrais Alexander Ovechkin et Sidney Crosby. LS : Qu’est-ce qu’un jeune joueur doit posséder s’il veut connaître une longue carrière comme la votre ? M.D : Je crois qu’il doit avoir confiance en ses moyens. C’est la clé du succès. Si un joueur est laisse de coté par son entraineur, il ne faut pas qu’il se laisse abattre. Il ne faut pas qu’un joueur change quoi que ce soit pour plaire à tout le monde. LS : Avez-vous des regrets ? M.D : Je ne peux pas dire que j’en ai beaucoup. J’ai joué pendant 10 saisons avec une des grandes équipes, les Red Wings. Nous étions toujours – ou presque – l’une des meilleures équipes de la Ligue. J’ai joué pour le Canadien, je n’ai jamais été échangé, alors je ne peux pas dire que j’ai des regrets. LS : Que répondez-vous à ceux qui disent que vous avez été chanceux ? M.D : La chance, c’est quoi ? C’est le travail qui rencontre l’opportunité. LS : Qui a été votre meilleur entraineur ? M.D : Il y a eu Scott Bowman. J’ai bien aime Claude Julien comme entraineur, comme être humain et pour sa philosophie. Je m’entendais très bien avec lui. J’ai adoré jouer pour Bob Gainey. C’est un homme que je respecte énormément. LS : Vous avez une fille, Amélia. Quel genre de père êtes-vous ? M.D : Je suis un père rose qui protège et qui couve sa fille. C’est la meilleure personne au monde. Je suis fier d’elle ; c’est une fille très douée dans tous les sens du mot. Je suis émerveillé par sa personnalité et son jugement. Elle a un très grand cœur, elle est douce et gentille. LS : Si vous n’aviez pas été joueur de hockey, quel métier auriez-vous aimé exercer ? M.D : J’aurais sans doute travaillé avec les animaux. LS : Si on vous demandait d’écrire un livre sur votre carrière, quel en serait le titre ? M.D : C’est une question difficile. Ce serait probablement Né sous une bonne étoile. La semaine 16 octobre 2010