Artemano: au-delà de l'ameublement Je suis entrée dans la nouvelle boutique d'Artemano, boulevard St-Laurent, comme si j'étais chez moi. J'y ai été accueillie avec une tisane parfumée- ils cultivent leurs propres herbes à même le magasin - et un personnel convivial et décontracté. Une sortie shopping comme tant d'autres me direz-vous? C'est là où Artemano tente de se démarquer. Shimon Finkelstein, son propriétaire, a eu tôt fait de m'expliquer ce qui fait d'Artemano une expérience de magasinage comme nulle autre. « Votre maison est un havre de paix et nous vous aidons à le rendre ainsi. Nous avons tous tendance à penser qu'il faut voyager vers des destinations exotiques pour s'évader, et pourtant je ressens le même sentiment tous les soirs lorsque je rentre à la maison et que je me sens bien entouré d'un mobilier qui me ressemble, qui a une âme et une histoire à raconter. » La boutique Artemano a été créée selon les principes de base Yin et du Yang; la lumière et l'obscurité, les matières usées par le temps s'opposant aux matériaux neufs. Ces deux forces mystérieuses sont à la fois opposées et complémentaires. Elles ne peuvent exister l'une sans l'autre. L'excès de l'une entraîne la destruction de l'autre. Ainsi, la philosophie de l'Orient rencontre les mœurs occidentales qui forment notre quotidien. Le décor du monde vendu ici ne s'arrête pas aux frontières de la religion, des cultures, ou des continents. « Mon objectif n'est pas de vendre à tout prix » me révèle Catherine L'Abbé, gérante de la succursale du centre-ville. « C'est à propos d'un coup de cœur, d'un moment. On ne vend pas ici une table, une lampe, ou des chaises, mais plutôt une réponse à une émotion, à un feeling. Je ne laisse jamais ressortir d'ici un client avec une pièce sur laquelle il a des doutes. » La dimension du développement durable prend de plus en plus de place dans la culture de l'entreprise qui va opter pour le bois d'épave ou le bambou au lieu de choisir des essences de bois de plus en plus rares comme le bois de rose, pour n'en nommer qu'un. Un souci qui a grandit au même rythme que cette jeune entreprise qui n'a que huit ans mais compte déjà 3 succursales (Laval, Brossard, et Montréal). Où voyez-vous Artemano dans 5 ans, avec cinquante boutiques? Ai-je candidement demandé. « Hahaha, non cinquante magasins ne sont pas mon objectif, la philosophie sur laquelle j'ai bâti l'entreprise et que j'essaie de transmettre à mes employés ne pourrait pas suivre» me confie Shimon. « Mais j'aimerais écrire un livre un jour, qui sait, rempli d'images des nombreux voyages que j'ai fait. J'aimerais ouvrir une boutique lifestyle avec un coin resto santé, et je veux continuer de rentrer chez moi tous les soirs et de me sentir dépaysé comme à Bali ou à Mumbai ». A défaut de posséder Bali dans ma minuscule cour, je vais continuer de trouver chez Artemano cette escapade des sens, en choisissant avec émotion une pièce à la fois. Août 2010